La culture sur l’île : une île d’artistes dans les années 50/60/70

De Théo Varlet, poète et traducteur, auteur de « Aux îles bienheureuses » dans les années 1920  à Jean-Pierre Capeyron, créateur de costumes de scène, disparu en 2014, l’île du Levant a toujours attiré les artistes.

En 2021, l’ASL a encouragé les résidences d’artistes. Le jeune designer Dylan Casasnovas et des comédiens, jongleurs et musiciens du festival Chiche ont ainsi été accueillis sur notre île.

Dylan a créé deux bancs à partir de matériaux trouvés sur l’île. Ces bancs sont désormais en bonne place le long de la montée de l’Ayguade. Les artistes du festival Chiche sont venus adapter sur place leurs spectacles dès le début du printemps, en intégrant le naturisme comme valeur fondamentale de leurs créations.

Cet été, les photographies historiques de Pierre Audebert, ainsi que les images sous-marines de Nicolas Floch ont été exposées à la Maison du Syndicat. En préparation : le parcours des Étoiles du Levant, un jeu de piste à travers l’île sur la trace des artistes qui l’ont fréquentée. Et aussi de nouvelles résidences pour les 90 ans d’Héliopolis en 2022.

Une île d’artistes dans les années 50/60/70

L’île du Levant représentait sans doute une forme de liberté estivale pour les célébrités qui l’ont fréquentée dans ces années-là. Pouvoir, en toute simplicité, se retrancher des feux des nuits parisiennes, y goûter au bonheur frustre de la vie insulaire, au soleil, à la mer, au camping. Des plaisirs simples pour des artistes à la recherche d’authenticité.

Ces années virent de nombreux comédiens, Michel Simon, Annie Girardot, Errol Flynn… fréquenter l’île.

Errol Flynn

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00018847/annie-girardot-et-le-naturisme

Et aussi Rita Renoir, reine du strip-tease et comédienne, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, tous adeptes du naturisme, ils y passèrent leurs vacances pendant de nombreuses années.

Rita Renoir dans les années 70

On y aperçut aussi Yul Brynner et Jayne Mansfield qui séjournaient en face, dans le domaine de la Reine Jeanne et débarquaient sur l’île pour la journée.

Yul Brynner

Egalement des musiciens, compositeurs et interprètes, tels que Guy Béart, et Georges Moustaki qui se réfugiait sur son radeau au large des Pierres Plates.

article sur Georges Moustaki : https://www.iledulevanthodie.fr/-828

Georges Moustaki dans les années 1950

Article sur Guy Béart avec sa chanson composée sur l’île du Levant :

https://www.iledulevanthodie.fr/2015/09/l-ile-du-levant-et-guy-beart.html

De nombreux photographes et journalistes : Jean-Albert Foex, Serge de Sazo faisaient des reportages réguliers dans des revues légères, tandis que Pierre Audebert, pionnier de la photographie sur l’île, continuait à illustrer la revue Naturisme.

Parmi les peintres qui ont fréquenté le Levant dans ces années-là, Bernard Buffet figurait en bonne place. Monique Watteau, peintre et écrivain, réalisa de belles fresques dans plusieurs maisons de l’île, dont certaines sont fort heureusement encore présentes.

Monique Watteau avec Bernard Heuvelmans

Ecrivain populaire, Henri Vernes y puisa l’inspiration pour la création de son héros Bob Morane.

Henri Vernes avec Monique Watteau et Bernard Heuvelmans

Plus tôt, dans les années 30, Jean de Brunhoff, grand ami des Durville, s’inspira de l’organisation de l’île du Levant pour dessiner Célesteville, la ville que Babar offrit à sa femme Céleste (Le Roi Babar, 1933). On y voit les éléphants, d’ordinaire vêtus, nager tous nus, les maisons sur la colline et les bâtiments administratifs et festifs tout en haut.

Célesteville, inspirée par l’île du Levant

Des cinéastes, tels Jean-Jacques Flori, chef opérateur et plongeur caméraman de l’Odyssée du Commandant Cousteau, passait ses vacances d’adolescent sur l’île. La plongée sous-marine et les fonds préservés des milieux marins l’ont sans doute marqué à tout jamais.

Le milieu de la mode n’est pas pour autant absent, même dans une île de « nudistes ». Christian Dior y avait lui aussi ses habitudes à “la Réserve” et s’isolait discrètement quelques semaines par an.

La maison Balmain, photographia les collections au phare du Titan en 1958.

Rares sont les endroits capables de rassembler autant d’artistes et créateurs, de tous horizons. L’île fait partie de ces lieux privilégiés où chacun peut goûter à la tranquillité et l’intimité d’un petit bout de territoire isolé à quelques miles nautiques du continent…Se ressourcer et sans doute trouver l’inspiration…